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jeudi 3 mai 2012

Plan Maroc Vert : ce que produira chaque région

Près de 150 milliards de DH d'investissement d'ici 2020 et une valeur ajoutée appelée à être multipliée par 2,5.
Un objectif économique : développer une agriculture intensive et moderne.
Un objectif social : moderniser la petite agriculture et améliorer les revenus des petits fellahs.
Des outils : agrégation, développement d'infrastructure, formation, assistance technique.
Plan Maroc Vert : ce que produira chaque région
En avril 2008, à l’occasion des premières assises de l’agriculture, l’opinion publique et les professionnels découvraient pour la première fois le Plan Maroc Vert : une politique de relance de l’agriculture, désormais considérée comme le principal moteur de croissance de l’économie nationale pour la prochaine décennie. 
Pour cela, les pouvoirs publics n’entendent pas lésiner sur les moyens : l’ambition est d’attirer dans le secteur agricole des investissements de près de 150 milliards de DH d’ici 2020. Objectif : générer, à terme, un PIB de 100 milliards de DH par an. Cette nouvelle richesse permettrait d’améliorer les revenus des agriculteurs et de garantir davantage la sécurité alimentaire de 30 millions de Marocains. Par la même occasion, il s’agit de protéger les ressources naturelles des différentes régions tout en intégrant l’agriculture marocaine au marché national et international.


16 régions, autant de plans et de contrat-programmes

Avril 2009. Une année plus tard, et en marge des deuxièmes assises de l’agriculture, l’heure est à un premier bilan de la mise en œuvre du Plan. Cette dernière s’articule au double niveau national et régional. L’échelle nationale est celle de la définition des grandes orientations, du cadrage des modalités de mise en œuvre du Plan, de la préparation des lois et textes d’application, de la mobilisation des partenaires internationaux et nationaux, de l’élaboration des contrats programmes nationaux et de l’évaluation des politiques.

L’échelle régionale est plutôt celle de la planification territoriale de mise en œuvre du Plan, en cohérence à la fois avec les spécificités territoriales et avec les orientations nationales. Elle a aussi vocation à devenir celle de l’impulsion et du contrôle des activités des niveaux provinciaux et locaux. 
Cette régionalisation de l’agriculture est matérialisée par les plans agricoles régionaux (PAR) qui sont des feuilles de route pour le développement agricole dans les 16 régions, déterminant des objectifs à atteindre à travers la réalisation de 1 500 projets d’agrégation agricoles et de projets transverses dans toutes les filières. Ces plans ont fait l’objet de signature, mardi 14 avril,  à Fès devant le souverain, de partenariats entre le gouvernement, représenté par le ministère de l’agriculture, et les 16 régions, représentées, chacune, par leurs walis, présidents de régions et présidents de chambre agricoles. 
Une revue rapide des grandes orientations, des axes et des objectifs du Plan est suffisante pour saisir l’ampleur du travail à faire et le niveau d’ambition : en l’espace de 10 ans seulement, il s’agira de multiplier par 2,5 fois la valeur ajoutée du secteur qui passera de 38 à 100 milliards de DH. Les niveaux de production de certaines cultures devront eux aussi augmenter de manière spectaculaire : 4,12 millions de tonnes d’olives au lieu de 1 million aujourd’hui, 3,7 millions de tonnes d’agrumes au lieu de 1,5 million et 10 millions de tonnes de maraîchage et fruits au lieu de 4,4 millions aujourd’hui. Le plan touchera pas moins de 1,5 million  d’agriculteurs aussi bien dans la grande que la petite agriculture (voir encadré).



Deux piliers : l’un pour l’agriculture intensive, l’autre pour l’agriculture vivrière, en plus des projets transverses

Le Plan Maroc Vert  a pour finalité la mise en valeur de l’ensemble du potentiel agricole territorial et la rupture avec l’image simpliste d’une agriculture duale opposant un secteur moderne à un secteur traditionnel et vivrier. La nouvelle agriculture marocaine se veut un secteur destiné à tous, sans exclusion, mais avec des stratégies différenciées en fonction du tissu ciblé. Pour cela, elle s’articule autour de deux piliers. Le premier pilier du Plan vise le développement accéléré d’une agriculture moderne et compétitive, vitale pour l’économie nationale, à travers la concrétisation d’un millier de nouveaux projets à haute valeur ajoutée et/ou productivité tant dans les productions que dans les industries agro-alimentaires, répondant aux règles du marché en s’appuyant sur les investissements privés.

Le second pilier du Plan Maroc Vert vise l’accompagnement solidaire de la petite agriculture à travers la réalisation de 545 projets d’intensification ou de professionnalisation des petites exploitations agricoles dans les zones rurales difficiles, favorisant ainsi une meilleure productivité, une plus grande valorisation de la production et une pérennisation du revenu agricole. Ce second pilier a également pour but la reconversion de la céréaliculture en cultures à plus forte valeur ajoutée (ou moins sensibles aux précipitations) et la valorisation des produits du terroir.  Afin de renforcer les projets de ces deux piliers, le PMV s’appuie par ailleurs sur des projets dits transverses consistant en la refonte du cadre sectoriel et l’amélioration des facteurs transversaux, relatifs notamment aux politiques de l’eau, du foncier et de l’organisation interprofessionnelle. 
Ce Plan s’articule autour du concept d’agrégation permettant de dépasser les contraintes liées à la fragmentation des structures foncières, tout en assurant aux exploitations agrégées l’accès aux techniques modernes de production, l’accès aux financements et aux marchés. Il repose sur le déclenchement d’une nouvelle vague d’investissements massifs autour de nouveaux acteurs à forte capacité managériale. Il appelle également à la rationalisation des structures de l’industrie et à la mutualisation des moyens autour de Groupements  d’intérêts économiques privés et de groupements interprofessionnels. Aussi, l’offre Maroc consiste en un partenariat public/privé win-win sur la base de contrats clairement définis.
La déclinaison du Plan Maroc Vert en plans agricoles régionaux consiste à construire une vision et une offre agricole régionalisées, respectueuse de l’équilibre entre les deux piliers et permettant d’engager le ministère de l’agriculture et ses partenaires régionaux autour d’objectifs communs, et de mobiliser des fonds régionaux et nationaux, les organismes de crédit, les investisseurs, ainsi que les autres bailleurs de fonds désireux de soutenir le Maroc dans la mise en œuvre de ce Plan.
L’enjeu au moment de la conception des plans régionaux était double : tout en s’inscrivant dans la nouvelle vision en capitalisant au mieux les potentiels de chaque région, ces feuilles de route devaient constituer l’occasion pour répondre à des problématiques plus concrètes comme l’emploi en milieu rural, la lutte contre la pauvreté…
Ces plans portent sur l’augmentation des niveaux de production des différentes filières identifiées, l’amélioration de la qualité et des conditions de commercialisation de la production, l’amélioration des niveaux de valorisation de l’eau d’irrigation avec, en toile de fond, des impacts chiffrés sur la création d’emplois. Les plans régionaux, pour avoir été largement débattus au niveau local, ont été assimilés par les partenaires. Le plan, dans son ensemble, est mis en œuvre, en ce qui concerne la préparation du cadre institutionnel devant servir à sa conduite, et des premières réalisations sont déjà identifiables (voir encadré). Pas de temps à perdre, 2020 c’est demain !



Le détail des 16 plans régionaux du Maroc : Cultures, production animale, projets d'infrastructures agricoles, tableaux de synthèse :


Ce qui a été fait depuis un an :



Souvent, les nouvelles stratégies ont besoin de temps pour se mettre en place. Pour le Plan Maroc Vert c'est encore plus vrai tant l'agriculture n'est pas un secteur comme les autres : économique, certes, mais aussi éminemment social, l'activité agricole est intimement liée à la problématique rurale au Maroc. Partant, une stratégie agricole ne peut réussir que si elle prend en considération cette dimension sociale. Pour beaucoup d'observateurs, à l'annonce du Plan en 2008, la mise en place d'une telle stratégie était partie pour durer plusieurs années. Pourtant, en l'espace d'un an, entre avril 2008 et avril 2009, bien des choses ont été réalisées. On peut citer notamment : 

- La conclusion d'une convention de financement avec le Crédit Agricole du Maroc dotée de 20 milliards de DH pour la période 2009-2013. Les besoins en investissements agricoles classiques seront supportés à hauteur de 14 milliards de DH, tandis que 5 milliards de DH seront rendus disponibles aux petits agriculteurs dans le cadre de la Société de financement pour le développement agricole (SFDA), filiale du Crédit agricole. Récemment, le groupe Attijariwafa bank vient, lui aussi, d'annoncer le lancement de produits bancaires dédiés au Plan Maroc Vert.

- La réalisation en totalité de la première tranche du contrat-programme pour la filière agrumicole.
- La conclusion de cinq contrats régionaux et l'exécution du programme de la première année pour la filière du sucre.
- Le lancement d'opérations test d'agrégation concernant le blé dur dans la région de Doukkala et la préparation d'une opération similaire pour le riz dans le Gharb.
- La préparation d'un programme pour la promotion de l'assolement céréalier en application du protocole d'accord signé entre l'Etat et l'OCP dans ce domaine.
- la signature de deux conventions de partenariat pour la création de deux agropoles à Berkane et Meknès, ainsi que l'accélération du rythme du programme d'adoption des techniques d'économie d'eau dans la région de Berkane.

Qui produira quoi en 2010 : Agrumes, olives, céréales, lait, viandes, quelles sont les premières régions productrices pour chaque culture et denrée, pour quelles superficies...Voilà à quoi ressemblera la physionomie de l'agriculture en 2020.



Agrumes


1er rang : Gharb avec 1,38 million de tonnes sur 39 300 ha

2e rang : Souss-Massa-Draa avec 864 000 t sur 34 000 ha

3e rang : l'Oriental avec 528 000 t sur 19 400 ha
4e rang : Tadla-Azilal avec 424 000 t sur 16 200 ha


Céréales


1er rang : Chaouia-Ouardigha, Taza-Al Hoceima et Doukkala-Abda avec 1 million de tonnes chacune

2e rang : Meknès-Tafilalet avec 911 000 t

3e rang : Marrakech-Tensift-Al Haouz avec 860 000 t
4e rang : Gharb avec 790 000 t


Maraîchage


1er rang : Souss-Massa-Drâa avec 2,14 millions t sur 25 500 ha

2e rang : Fès-Boulmane avec 1,6 million t sur 20 000 ha

3e rang : Doukkala-Abda avec 1,1 million t sur 23 200 ha


Olives


1er rang : Marrakech-Tensift-Al Haouz avec 861 000 t sur 172 000 ha

2e rang : Taza-Al Hoceima-Taounate avec 660 000 t sur 318 500 ha

3e rang : Fès-Boulmane avec 540 000 t sur 120 000 ha
4e rang : Meknès-Tafilalet avec 413 000 t sur 86 400 ha


Cultures sucrières


1er rang : Gharb avec 3,16 millions t sur 47 000 ha

2e rang : Doukkala-Abda avec 1,5 million t sur 20 000 ha

3e rang : Tadla-Azilal avec 1 million t sur 17 500 ha


Lait


1er rang : Gharb avec 1,1 million t

2e rang : Tadla-Azilal avec 750 000 t

3e rang : Marrakech-Tensift-Al Haouz avec 738 000 t


Viandes blanches


1er rang : Chaouia-Ouardigha avec 196 000 t

2e rang : Fès-Boulmane avec 113 000 t

3e rang : Meknès-Tafilalet avec 107 000 t


Viandes rouges


1er rang : Tadla-Azilal avec 90 000 t

2e rang : Marrakech-Tensift-Al Haouz avec 64 000 t

3e rang : Meknès-Tafilalet, Chaouia-Ouardigha et Doukkala-Abda avec 60 000 t chacune


20-04-2009
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