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mercredi 9 mai 2012

Agriculture: L’Improbable Héros de la Journée de la Terre

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La hausse des températures, les aléas climatiques, la croissance démographique, et les rares ressources en eau—ainsi que le nombre croissant de troubles civils et la flambée des prix des produits alimentaires—font ​​les gens et la planète souffrir d’un stress sans précédent.
Depuis plus de 40 ans, la Journée de la Terre a servi comme un appel à l’action, en mobilisant des personnes et des organisations du monde entier pour relever ces défis. Cette année, le projet Nourrir la Planète de l’Institut Worldwatch (www.NourishingthePlanet.org) met en évidence l’agriculture—souvent blâmée en tant que pilote de problèmes environnementaux—comme une solution émergente.
L’agriculture est une source de nourriture et de revenues pour les pauvres du monde et un moteur essentiel pour la croissance économique. Elle offre également un potentiel inexploité pour atténuer le changement climatique, et protéger la biodiversité, et pour sortir des millions de personnes de la pauvreté.

Nourrir la Planète, une évaluation d’innovations dans l’agriculture durant deux ans, offre 15 solutions durables qui travaillent pour soulager la famine mondiale tout en protégeant les sols, l’eau, et d’autres ressources naturelles. “L’agriculture englobe une si grande partie de la planète, que la création d’une économie saine, l’atténuation du changement climatique et l’amélioration des moyens de subsistance exigeront un engagement de longue durée des agriculteurs du monde”, dit Danielle Nierenberg, co-directeur du projet Nourrir la Planète.
Les tentatives passées de lutte contre la faim ont eu tendance à se concentrer étroitement sur quelques types de cultures, à s’appuyer fortement sur ​​les engrais chimiques, et  à ignorer les agricultrices. “Il y a eu relativement peu d’accent sur ​​les moyens à bas prix pour stimuler la fertilité des sols et de faire un meilleur usage de l’eau rare, et sur ​​les solutions qui existent au-delà de la ferme et tout au long de la chaîne alimentaire”, dit le Président de Worldwatch, Christopher Flavin. À partir des projets d’agriculture urbaine qui alimentent nos villes en expansion et jusqu’aux pratiques agricoles de rotation des cultures qui stockent le carbone dans les sols et aident à atténuer les changements climatiques, des innovations à petite échelle et à faible consommation d’intrants peuvent aller un long chemin dans la protection de l’environnement – non seulement la Journée de la Terre, mais tous les jours.
Lors de cette Journée de la Terre, Nourrir la Planète offre des solutions de guider les agriculteurs, les scientifiques, les politiciens, les entreprises agroalimentaires, et les organismes d’aide pour qu’ils s’engagent à promouvoir un environnement plus sain et une nourriture plus sécurisée dans l’avenir.
1. Garantir le droit à la nourriture. Garantir le droit humain à la nourriture adéquate – maintenant et pour les futures générations – nécessite que les décideurs incluent ce droit parmi les lois pour la sécurité de la nourriture et parmi les programmes aux niveaux régional, national et international. Les gouvernements jouent un rôle en offrant le public les biens pour soutenir l’agriculture durable, y compris les services d’extension, la transmission des connaissances d’un agriculteur à l’autre, les installations d’emmagasinage, ainsi que l’infrastructure qui connecte les agriculteurs avec les consommateurs.
2. Exploiter le potentiel nutritif et économique des légumes. Les carences des micronutriments, y compris les carences de la vitamine A, de l’iode et du fer, affectent 1 milliard des personnes à travers le monde. Promouvoir les légumes locales qui sont riches en micronutriments peut contribuer à la réduction de la malnutrition. Les variétés végétales adaptées localement sont plus résistantes et plus fiables que les récoltes de base, étant, ainsi, idéales pour les agriculteurs des petites fermes. Des organisations, comme AVRDC/ Le Centre mondial de recherche et de développement dans le domaine des végétaux, développent des variétés végétales améliorées, comme, par exemple, l’amarante et l’aubergine africaine, et encouragent une appréciation pour les aliments traditionnels parmi les consommateurs.
3. Réduire le déchet alimentaire. Les spécialistes continuent à promouvoir l’augmentation de la production alimentaire globale, bien que notre argent puisse être mieux utilisé afin de réduire le déchet alimentaire et les pertes d’après les récoltes. Quelques techniques modérées et adaptées localement pour l’emmagasinage et la conservation aident déjà à combattre la perte de la nourriture dans le monde. A Pakistan, les agriculteurs ont réduit leurs pertes de récolte par 70 pourcent, en remplaçant les sacs de jute et les conteneurs à la boue avec des conteneurs de métal plus durable. En Afrique de Sud aussi, les agriculteurs ont sauvegardé approximativement 100 000 de mangues en utilisant des sécheurs solaires afin de sécher les fruits après la récolte.
4. Nourrir les villes. L’ONU estime que 70 pour cent de la population du globe habiteront dans le milieu urbain jusqu’à 2050, problématisant la disponibilité de la nourriture. Les projets d’agriculture urbaine aident à améliorer la sécurité alimentaire, à élever les profits, à habiliter les femmes, et à réformer les environnements urbains. En Afrique sous-saharienne, l’Organisation Préoccupations Éducationnelles pour la Faim (ECHO) a aidé les agriculteurs urbains à construire des jardins potagers à l’aide de vieux pneus pour créer des lits de cultures. Les programmes l’agriculture soutenue par la communauté (CSA) à Cape Town, en Afrique du Sud, contribuent à accroître les revenus et à fournir des produits pour les repas scolaires.
5. Obtenir plus de grains par goutte. Beaucoup de petits agriculteurs n’ont pas accès à une source fiable d’eau et l’approvisionnement en eau s’épuise quand l’extraction est supérieure à des niveaux soutenables. Seulement 4 pour cent des terres cultivées en Afrique sous-saharienne sont équipées pour l’irrigation et une majorité de ménages dépendent des précipitations pour arroser leurs cultures – précipitations qui, selon les prévisions des climatologues, diminueront dans les prochaines décennies. La gestion efficace de l’eau dans l’agriculture peut accroître la productivité des cultures de ces agriculteurs. En pratiquant le labour de conservation, le désherbage régulier et la construction des barrières végétales et des barrages en terre, les agriculteurs puissent exploiter plus efficacement les précipitations.
6.  Utiliser le savoir  des agriculteurs dans la recherche et le développement. Les processus de recherche et de développement dans l’agriculture excluent généralement les petits exploitants agricoles et la richesse de leurs connaissances, en menant à des technologies agricoles moins efficaces que ceux inutilisées. Les efforts de recherche qui impliquent des petits agriculteurs à côté des scientifiques agricoles peuvent contribuer à répondre aux besoins locaux, à renforcer les capacités de leadership des agriculteurs et a à améliorer la façon dont les systèmes de la recherche et de l’éducation fonctionnent. Dans le district d’Amaro dans l’Ethiopie du sud, un organisme dirigé par la communauté a procédé à une évaluation des principaux problèmes et des solutions prometteuses à travers une prise de décision démocratique afin de déterminer quel type de recherche devrait être financé.
7.  Améliorer la fertilité des sols. La baisse de la fertilité du sol en Afrique peut conduire à une famine imminente;  déjà, elle est à l’origine d’une diminution de 15 à 25 pour cent de la productivité de récolte, et les agriculteurs s’attendent à voir leurs récoltes baisser de moitié dans les cinq prochaines années. Les engrais verts / cultures de couverture, y compris les arbres vivants, les buissons et les vignes, aider à rétablir la qualité des sols et sont une solution peu coûteuse et possible à ce problème. Dans la région sujette à la sécheresse du Sahel, le peuple Dogon du Mali utilise un système innovant à trois niveaux et maintenant le rendement de la récolte est trois fois plus que celui atteint dans d’autres parties du Sahel.
8. Sauvegarder la biodiversité de la nourriture locale. Au cours des dernières décennies, l’agriculture traditionnelle africaine, fondée sur la diversité locale, a cédé la place à des monocultures destinées à l’exportation. Les produits d’importation moins sains remplacent les aliments traditionnels et riches sur le plan nutritionnel, en dévastant les économies locales et les régimes alimentaires locaux. Les initiatives de sensibilisation et les efforts pour améliorer la qualité de la production et de la commercialisation valorisent et encouragent la diversification et la consommation de produits locaux. Dans les villages Wukro et Wenchi de l’Éthiopie, les producteurs de miel suivent de formation avec des apiculteurs italiens et éthiopiens pour traiter et vendre leur miel d’une manière plus efficace, pour promouvoir l’appréciation de la nourriture locale, et pour concurrencer les produits importés.
9. Faire face au changement du climat et construire de la résistance. Le changement climatique mondial, y compris des températures plus élevées et des périodes plus longs de sécheresse, aura un impact négatif sur l’agriculture en réduisant la fertilité du sol et en diminuant les rendements des cultures. Bien que l’agriculture soit un contributeur majeur au changement climatique, représentant environ un tiers des émissions mondiales, les pratiques agricoles, telles que l’agroforesterie et la régénération des ressources naturelles, peuvent contribuer à atténuer le changement climatique. Au Niger, les agriculteurs ont planté près de 5 millions d’hectares d’arbres qui conservent l’eau, préviennent l’érosion du sol et séquestrent le carbone, ce qui rend leurs fermes plus productives et plus résistantes à la sécheresse sans endommager l’environnement.
10. Cultiver les connaissances et les compétences des femmes agricultrices. Selon l’Organisation de l’Alimentation et de l’Agriculture, les femmes représentent 43 pourcent de la main-d’œuvre agricole, mais, en raison de l’accès limité aux outils, à la terre, et aux services, elles produisent moins par unité de terre que leurs homologues masculins. Améliorer l’accès des femmes aux services d’extension agricole, aux programmes de crédit, et aux technologies de l’information peut contribuer à habiliter les femmes, tout en réduisant la faim et la pauvreté. En Ouganda, l’introduction des programmes d’extension présente aux agricultrices la technologie coolbot, qui utilise l’énergie solaire et un onduleur afin de réduire la température et de prolonger la durée de conservation des légumes.
11. Investir dans les terres de l’Afrique: la crise et les possibilités. Comme la pression monte pour augmenter la production alimentaire, les pays riches du Moyen-Orient et de l’Asie acquièrent de terres à bon marché en Afrique pour accroître leur productivité alimentaire. Cela a conduit à l’exploitation des petits fermiers africains, ce qui compromet leur sécurité alimentaire. Des modèles d’investissement agricole qui créent des collaborations entre les agriculteurs africains et les pays étrangers peuvent être une partie de la solution. En Ethiopie, dans la vallée du Rift, les agriculteurs cultivent des haricots verts pour le marché néerlandais pendant les mois d’hiver européen, mais cultivent du maïs et d’autres cultures pour la consommation locale pendant les autres mois.
12. Tracer une nouvelle voie vers élimination de la faim. Près de 1 milliard de personnes dans le monde souffrent à cause de la famine et 239 millions de ces personnes vivent en Afrique sub-saharienne. Pour lutter contre la faim, nous devons nous focaliser au-delà des cultures qui ont absorbé la plupart de l’attention agricole, en nous concentrant sur les moyens d’améliorer l’accès des agriculteurs aux outils et de les habiliter à mieux utiliser la nourriture déjà produite. Les innovations – tels que la pompe à propulsion, activée par l’homme, qui peut accroître l’accès à l’irrigation, ainsi que les sacs en plastique, à faible coût, qui contribuent à préserver les céréales – offrent des modèles qui peuvent être augmentés et répliqués au-delà de l’Afrique.
13. Déplacer l’éco-agriculture dans le courant dominant. Les pratiques agricoles qui mettent l’accent sur l’augmentation de la production ont contribué à la dégradation des terres, des sols, et des écosystèmes locaux, finalement affectant les moyens de subsistance des agriculteurs qui dépendent de ces ressources naturelles. Les méthodes agro-écologiques, y compris les pratiques de l’agriculture biologique, peuvent aider les agriculteurs à protéger les ressources naturelles et fournir une alternative durable aux outils industriels coûteux. Il s’agit notamment de la rotation des pâturages pour le bétail dans la région de savane du Zimbabwe et les plantations de thé au Kenya, où les agriculteurs utilisent la culture intercalaire afin d’améliorer la qualité des sols et d’augmenter les récoltes.
14. Améliorer la production alimentaire de provenance animalière. Au cours des prochaines décennies, les petits fermiers dans le monde en développement devront faire face à des défis sans précédent: la demande d’aliments d’origine animale, tels que le lait et la viande, est en augmentation, tandis que les maladies des animaux dans les pays tropicaux vont continuer à s’augmenter, entravant le commerce et mettant les gens à risque. Des innovations dans l’alimentation animale, le contrôle des maladies et l’adaptation au changement du climat -ainsi que l’augmentation des récoltes et de l’efficience – améliorent les revenus des agriculteurs. En Inde, les agriculteurs amplifient la qualité de leur alimentation en utilisant l’herbe, le sorgho, la canne et les sons pour produire plus de lait sur moins d’animaux.
15. Aller au-delà de la production. Bien que la pénurie et la famine dominent la discussion sur la sécurité alimentaire en Afrique sous-saharienne, de nombreux pays ne sont pas  équipés pour faire face aux excédents de la production qui conduisent aux prix bas des produits et aux déchets alimentaires. Aider les agriculteurs à mieux organiser leurs moyens de production – de la commande des outils à la vente de leurs récoltes à un client – peut les aider à devenir plus résistants aux fluctuations des prix alimentaires mondiaux et de mieux servir les communautés locales qui ont besoin de la nourriture. En Ouganda, l’organisation TechnoServe a contribué à améliorer les conditions du marché pour les producteurs de bananes en formant des groupes d’entreprises à travers lesquels ils peuvent acheter des outils, recevoir des conseils techniques et vendre leurs récoltes collectivement.
Les chercheurs de Nourrir la Planète ont voyagé à travers 25 pays de l’Afrique sous-saharienne, où ils ont rencontré plus de 250 groupes d’agriculteurs, des scientifiques, des ONG et des organismes gouvernementaux. Leurs histoires d’espoir et de succès serviront de modèles pour les efforts à grande échelle au-delà de l’Afrique. Le rapport du projet, récemment publié, l’Etat du monde en 2011: Des innovations pour nourrir la planète, est fondé sur le travail de plus de 60 grands experts mondiaux de l’agriculture et fournit une feuille de route pour les communautés de financement et des donateurs. «Un de nos principaux objectifs est de s’assurer que la quantité croissante de financement de l’agriculture va à des projets qui soient efficaces et durables et aide à construire des ressources agricoles locales”, explique Brian Halweil, le co-directeur du projet Nourrir la Planète.
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