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mercredi 25 avril 2012

Une agriculture durable qui favorise le développement rural Vers une autre PAC pour 2013

Depuis 1999, le renforcement du second pilier du développement rural (mesures co-financées à 50% par les États membres) s’est opéré par un prélèvement sur les paiements directs du 1er pilier (aides couplées et découplées). [1] Cependant, le développement rural n’a pas réussi à s’imposer pour incarner un renouveau de la politique agricole en faveur de l’emploi, de la cohésion territoriale et de l’environnement.

  L’emploi agricole continue de fondre

Actuellement, le second pilier de la PAC possède trois fois moins de ressources budgétaires que le premier pilier, et demeure plus complexe dans sa gestion. Le « siphonnage » financier du 2nd pilier sur le 1er pilier de la PAC ne nous semble pas sain, car au lieu de renforcer leur complémentarité, il les place en concurrence pour le financement (l’un est co-financé, l’autre non).
Le modèle agricole dominant, essentiellement productiviste et largement financé par les aides de la PAC, a des impacts lourds non seulement sur les ressources naturelles mais aussi sur l’emploi. Ainsi la main d’œuvre agricole continue inexorablement de fondre dans l’UE, perdant encore 11,5% entre 2005 et 2009. L’enjeu aujourd’hui n’est plus d’améliorer la productivité par heure de travail, mais la productivité par rapport aux ressources naturelles, en développant une agriculture écologiquement productive qui mobilise davantage de main d’œuvre. Dans certaines régions du Sud et de l’Est de l’UE, où l’agriculture représente encore un quart de l’économie rurale, le rôle des petites exploitations et des fermes dites de « semi-subsistance » [2] y est crucial sur le plan économique, social mais aussi environnemental (maintien des systèmes agricoles à haute valeur naturelle).
Valoriser l’emploi agricole nécessite une ambition politique forte en faveur d’une agriculture d’avenir créatrice d’emploi et de valeur ajoutée, ce qui implique un renouvellement des générations plus important dans les prochaines années. Actuellement, moins de 8 % des exploitants agricoles dans l’UE ont moins de 35 ans et plus de 25 % ont plus de 65 ans [3]. C’est dire l’ampleur du défi générationnel pour l’avenir de l’agriculture européenne.

  Redynamiser l’emploi agricole

Dans l’optique de soutenir une agriculture durable, il est nécessaire de recentrer les objectifs de la politique de développement rural sur le maintien et la création d’emplois ainsi que sur la cohésion territoriale. Néanmoins, de tels engagements supposent au préalable de tourner la page des deux piliers (déséquilibrés) de la PAC pour aller vers une programmation stratégique pluriannuelle de la PAC disposant de financements sécurisés. Ceci pour éviter tout effet de siphon qui favoriserait un objectif au détriment d’un autre (1er pilier vs 2nd pilier).
La cohésion territoriale constitue l’autre priorité du développement rural. Les zones défavorisées (montagne, intermédiaire et à handicap spécifique) couvrant la majorité de la SAU de l’UE à hauteur de 57%, l’objectif de la PAC doit être de pérenniser les systèmes agricoles durables et à Haute Valeur Naturelle en soutenant le revenu des agriculteurs dans ces zones. Des paiements compensatoires de handicaps naturels sont ainsi nécessaires pour prévenir l’abandon des terres, le recul de l’activité agricole dans les zones particulièrement exposées au risque de marginalisation, mais aussi pour éviter le déplacement de certaines productions vers les zones de plaine.

  Leviers mobilisable pour relancer l’emploi agricole

- pérenniser le soutien aux exploitations agricoles durables et à Haute Valeur Naturelle dans les régions à handicap naturel pour éviter l’abandon de l’activité agricole, la déprise de terres agricoles et la désertification des territoires ruraux ;
- soutenir plus activement l’installation des jeunes et des nouveaux agriculteurs, afin de renouveler les générations sur des types d’agriculture transmissibles et respectueux de l’environnement ; inviter les institutions communautaires à se pencher sur la question foncière (accès, installation...)au niveau européen ;
- appuyer les petits agriculteurs et reconnaître le rôle clé de l’agriculture de « semi-subsistance » dans la mise en place de systèmes de production qui assurent simultanément la sécurité alimentaire, préservent les ressources naturelles, procurent des sources de revenus, contribuent au développement rural et luttent contre le changement climatique ;
- encourager la formation, l’ingénierie de projets, le transfert de méthodes et de savoir-faire, ainsi que l’échange d’expériences.

Notes

[1] Facultative dès son introduction en 1999, la modulation des aides est devenue obligatoire après la réforme de 2003 à hauteur de 5%, pour parvenir à 10% en 2012 suite au bilan de santé de la PAC.
[2] Selon la terminologie de la Commission européenne
[3] Rapport sur le développement rural, DG Agri, 2009
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